Décès
de Shaun Chapko
Le
22 octobre 2006
Chères
Consœurs,
Chers Confrères,
Dans
l’avion sur le chemin du retour de Calgary, j’ai rédigé
un court éloge funèbre pour Bob Martin dont j’ai
participé au service commémoratif hier. À
ma descente de l’avion, un message m’attendait m’annonçant
qu’un de mes bons amis est décédé ce
matin. J’ai téléphoné à son
domicile et parlé à son frère, Sheldon, qui
avait envoyé le message suivant par courriel :
Message envoyé le 2006-10-22 à 14:24:35 (HNE) par
shaun.chapko@shaw.ca :
Bonjour
à vous tous,
Je
suis Sheldon, le frère de Shaun. Je vous écris
pour vous annoncer avec profond regret le décès
de Shaun Chapko. Shaun est décédé dans
son sommeil au cours de la fin de semaine. Nous n’avons
encore aucun détail sur les circonstances ou les causes
de son décès, mais il est maintenant entre les
mains de Dieu. Vos pensées et vos prières pour
Shaun seraient grandement appréciées.
La
raison pour laquelle j’ai choisi le courriel pour annoncer
cet événement tragique est que Shaun comptait
de nombreux contacts partout dans le monde et je ne pouvais
donc pas téléphoner à chacun personnellement.
Je me suis dit que si vous figuriez dans le carnet d’adresses
de Shaun, vous étiez un des ses amis de l’école,
du travail ou d’ailleurs.
Pour de plus amples renseignements, communiquez avec Len, Pat
ou Sheldon Chapko :
204-222-5848
sheldonchapko@hotmail.com
Que
Dieu vous bénisse,
Sheldon Chapko
Le monde de celles et ceux qui connaissaient Shaun vient de s’assombrir
un peu plus. Si vous n’avez pas eu l’honneur de le
connaître, c’est dommage pour vous puisque malgré
toute la douleur que je ressens aujourd’hui, c’est
fort peu payé pour avoir connu et aimé ce type.
Shaun
a subi un accident de travail au CN il y a plusieurs années.
Il s’agissait d’un accident d’EBEV et il a subi
un grave traumatisme crânien. À voir les photos du
camion, c’est un véritable miracle qu’il a
survécu. Malgré ses lésions cérébrales,
il n’était pas moins intelligent pour autant. Shaun
était un homme très intelligent et férocement
dévoué au syndicalisme ouvrier et à la santé
de l’ensemble des travailleuses et travailleurs. Peu importe
votre syndicat d’affiliation ou même si vous étiez
syndiqués ou non, il était là pour prêter
assistance à toutes et tous.
J’ai
fait connaissance avec Shaun alors que nous étions tous
deux affectés à l’EBEV et nous sommes demeurés
amis lorsqu’il a adhéré – à reculons
– aux Métallurgistes unis et que je suis devenu un
Teamster. Malgré tous les étourdissements, toutes
les migraines et toute la fatigue dont il était victime,
Shaun n’a jamais failli dans sa lutte pour assurer la sécurité,
l’équité et la décence dans tous les
milieux de travail. Il ne se passait jamais plus que quelques
jours sans que nous échangions des courriels. Nous nous
parlions au moins deux ou trois fois par mois (un exploit, compte
tendu de mon horaire chargé). Habituellement, j’étais
alors à la maison le dimanche après-midi. Nous parlions
de politique, de syndicalisme, de poids et haltères, de
motos Harley, des Canadiens, des Jays, mais surtout, de la santé
des travailleurs.
Je
devais aller souper avec Shaun cette semaine étant donné
que je dois me rendre à Winnipeg pour être présent
à la plainte déposée contre HBR auprès
la commission du travail du Manitoba. Nous sommes dimanche, et
je ne lui parlerai donc plus.
Shaun
disait m’admirer. Il était toujours si aidant et
n’oubliait jamais de m’envoyer un mot lors de mon
anniversaire de naissance et d’autres fêtes, de me
féliciter pour les gains que nous avions réalisés
ou de me transmettre ses condoléances à la suite
du décès d’un confrère. Il était
d’ailleurs le seul membre des Métallurgistes unis
inscrit à ma liste d’envois de groupe.
Voici toutefois la vérité toute crue. J’admirais
Shaun. Il m’inspirait. Je le respectais et je suis véritablement
une meilleure personne aujourd’hui pour l’avoir connu
et l’avoir eu pour ami. Il était gentil et doux,
futé et infatigable. Et il était l’homme le
plus résistant et courageux que j’ai connu. Il ne
se plaignait jamais de ce que la vie lui réservait ou des
épreuves que Dieu lui faisait relever. Il faisait face
à tout avec stoïcisme et nous réservait toujours
sa bonne humeur. Et il a triomphé.
Shaun, si tu es capable de lire ces lignes, sache que tu es le
genre d’homme que nous tentons tous de devenir. Si jamais
je réussis à être la moitié de l’homme
que tu étais, j’en aurai toutes les raisons d’être
fier.
Dieu
nous t’a enlevé trop tôt, mon frère,
et tu me manques déjà.
Ton
ami à tout jamais,
Bill
Brehl