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En
réaction aux commentaires émis par Fred Green
Le
9 mai 2007
Chères
Consœurs,
Chers Confrères,
Il
semblerait que tout le monde a son opinion sur Fred Green et ses
récentes déclarations sur le service des préposés
à l’entretien des voies du CP. Cette opinion semble
assez généralisée et je peux vous affirmer
qu’elle n’est pas positive.
J’aimerais
élaborer sur quelques points au nom de M. Green. Aussi insultants
que peuvent être ses commentaires, vous devez néanmoins
vous rappeler que ce type est assez déconnecté de
nous et du travail que nous effectuons. Il obtient ses informations
d’autres qui sont également plutôt déconnectés
du travail que nous effectuons. Je soupçonne qu’il
obtient la majorité de l’information sur le travail
du service de l’ingénierie du vice-président
de l’ingénierie. Et, selon moi, ce fait en dit long
sur l’exactitude des renseignements qu’on lui présente.
Il
fut une époque où le vice-président de l’ingénierie
surveillait lui-même l’ensemble des activités
du service. Toutefois, le vice-président actuellement en
poste a changé cette réalité et a considérablement
coupé dans ses responsabilités. On ne peut pas vraiment
le blâmer puisque les responsabilités d’une personne
devraient tenir compte de ses compétences. Cependant, cela
explique peut-être la crédibilité des données
sur la base desquelles M. Green a émis ses commentaires inexacts.
Je ne peux croire que le président d’un grand chemin
de fer croie réellement qu’il puisse se passer de ses
préposés à l’entretien des voies. Les
ramifications d’une telle croyance seraient catastrophiques.
L’intégrité de la voie n’est-elle pas
importante? La sécurité du pays, des employés
et du grand public? Le chemin de fer peut-il être exploité
de façon sécuritaire si les voies elles-mêmes
ne sont pas sécuritaires? Le chemin de fer pourra-t-il livrer
à temps « tout le temps » si la voie est impassable
ou la vitesse est réduite à 10 mi/h?
Vous
devez également comprendre que M. Green s’adressait
aux médias, aux investisseurs et aux actionnaires potentiels.
Tout va bien et nous surmonterons ce léger problème...
Il
s’adressait également aux briseurs de grève
que la compagnie se prépare à déployer en cas
de grève.
Ce
que M. Green oublie ou ignore peut-être est que lors de la
grève de la DPEV en 1995, la compagnie avait tenté
de nous remplacer avec du personnel de bureau et des superviseurs.
À l’époque, beaucoup moins de trains circulaient
et les voies étaient en bien meilleur état. De plus,
la grève avait été déclenchée
entre l’hiver et la saison des glissements de terrain (qui
approche à grand pas) lorsque le temps était assez
clément. Vous rappelez-vous de la loi vous obligeant de retourner
au travail? La compagnie avait commencé à encaisser
des pertes de volume, des trains étaient ralentis parfois
même paralysés. La compagnie a failli ne pas tenir
le coup et a perdu beaucoup d’argent. Le gouvernement était
intervenu rapidement pour la soulager.
Ah
oui! Après la grève de 1995, une fois que les briseurs
de grève sont retournés à leur pupitre de travail
(la compagnie n’avait pas jugé bon de les remplacer
pendant qu’ils jouaient au chemin de fer), la compagnie s’est
rendu compte qu’elle en avait pas vraiment besoin. De mémoire,
30 % de ces employés ont été mis à pied
peu de temps après le retour au travail. Mais on leur a laissé
garder leurs belles bottes de travail reluisantes.
Voici
ce à quoi je veux en venir. Ils ne pourraient faire fonctionner
le chemin de fer sans nous. C’était le cas en 1995
et c’est encore le cas aujourd’hui.
Rappelez-vous
les insultes de Fred Green la prochaine fois qu’un directeur
ou un VP vous offre un hamburger parce que votre travail lui a permis
de toucher une prime bonifiée. Rappelez-vous le commentaire
de Fred Green la prochaine fois qu’un directeur vous félicite
pour votre travail de nettoyage à la suite d’un déraillement
ou d’un glissement de terrain… ou mieux encore, la prochaine
fois qu’on vous demande de nettoyer les dégâts
à la suite d’un déraillement ou d’un glissement
de terrain.
Au
moins, du côté du syndicat, ce n’est pas une
question d’ego, de défis ou de philosophies.
Pour
nous, c’est une question d’équité, de
simple décence et justice humaine. Vous méritez plus
que ce qu’ils vous offrent. Vous l’avez gagné.
Vous ne devriez pas avoir à abandonner vos territoires d’ancienneté,
vos lieux de prise de service ou votre estime personnel en échange
de la minable augmentation « type » qu’on vous
propose.
De
plus, M. Green dénonce la façon dont nous négocions
en invoquant que nous méritons plus que ce que les autres
syndicats ont obtenu. Il affirme que le CP refuse d’y céder
de peur d’insulter les dirigeants des autres syndicats. Quel
commentaire idiot! M. Green essaie-t-il de dire que si une entreprise
procède d’une certaine façon et accuse un montant
x en profits et qu’une autre entreprise procède différemment
et accuse un montant y plus élevé en profits qu’elle
ne devrait pas avoir le droit de le faire parce que cela serait
insultant pour la première entreprise? Nous négocions
pour vous et pas pour un autre syndicat. Nous n’avons pas
négocié l’entente « type » et vous
ne l’avez pas ratifiée.
Qui
plus est, comment une personne qui gagne plus de 4 700 000 $ par
année peut-elle vraiment comprendre les besoins d’une
autre qui en gagne 40 000 $?
Le
CCRI accrédite des syndicats à négocier au
nom des membres qu’ils représentant. C’est notre
droit, enchâssé dans la loi. Différents syndicats
négocient différemment. Mais chacun a le droit et
le mandat, en vertu de la loi, de négocier au mieux de ses
compétences dans les intérêts de ses membres.
Chacun formule ses propres arguments en fonction de ses besoins
et des circonstances. Nous avons formulé nos propres arguments
pour nous faire répondre qu’ils sont inconséquents
et que les détails de notre contrat de travail ont déjà
été négociés pour nous par un autre
syndicat.
Et
la compagnie n’a jamais partagé avec nous (malgré
nos demandes répétées) les arguments qu’elle
avait invoqués pour persuader l’autre syndicat ou la
valeur du contrat de l’autre syndicat. Elle s’est limitée
à affirmer que nos demandes totalisaient un montant plus
élevé que la valeur de ce dernier et, au terme de
plus de dix mois de négociations, nous n’avons même
pas obtenu une valeur précise (ou relativement précise)
de l’offre de la compagnie ou des demandes que nous lui formulons.
La
compagnie n’a pas négocié de bonne foi. Elle
ne s’est pas montrée raisonnable. Elle a perdu du temps
et épuisé notre patience sans invoquer d’arguments
pour appuyer sa position. Tout ce que je peux prétendre est
qu’elle se rend elle-même compte que sa position est
indéfendable.
Nous
avons essayé de vous obtenir un contrat de travail équitable
et raisonnable. Nous poursuivrons nos efforts – grève
ou pas – jusqu’à ce qu’une entente soit
sur la table, qu’il s’agisse d’une entente imposée
ou négociée. Je suis désolé que nous
n’avons pas encore réussi à négocier
une telle entente, mais nous n’arrêterons pas d’essayer.
Tel
que j’ai déjà mentionné, il faut être
deux pour négocier un contrat et les deux parties doivent
vouloir en arriver à une entente négociée.
Pour ce faire, les deux parties doivent non seulement comprendre
la position de l’autre mais aussi comprendre la leur. Malheureusement,
au cours de la présente ronde, cela n’a pas été
le cas jusqu’à maintenant.
Suis-je
préoccupé par la possible adoption d’une loi
de retour au travail, comme ce fut le cas dans le conflit entre
le CN et les TUT? Bien sûr. Je sais que la compagnie souhaite
en arriver là, et cela réduit considérablement
sa volonté de négocier. À ce stade-ci, une
grève semble inévitable. Nous sommes prêts.
Nous en avons la volonté et la capacité. Il ne s’agit
plus que d’une question de temps à moins que la compagnie
n’adopte une nouvelle position.
Continuez
de veiller à votre sécurité, demeurez forts
et restez unis.
Bill
Brehl
Président
CFTC DPEV
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