La
semaine dernière, dans la subdivision Cartier Sb du CFCP,
un accident qui aurait pu avoir des conséquences très
graves a été évité de justesse. La
compagnie qualifie l’incident d’« accident évité
de justesse », mais les personnes qui l’ont vécu
de proche le qualifient plutôt de « quasi-collision
». Pendant qu’elle effectuait de l’« observation
», une équipe de section a failli être heurtée
par un train venant en sens inverse. Les membres de l’équipe
ont dû plonger en bas de la voie afin d’éviter
une mort certaine.
Comme vous le savez tous, un employé affecté à
surveiller l’arrivée de trains fait du travail d’«
observation ». Les équipes de train ne bénéficient
d’aucune autre forme de protection, et il est rare que les
contrôleurs du trafic ferroviaire savent où vous
êtes sur la voie. Cette protection n’est assurée
que lorsqu’elle ne rend pas la voie impassable. Donc, aucun
équipement ne doit se trouver sur la voie et l’«
observateur » a une vue claire et non obstruée jusqu’à
une certaine distance dans toutes les directions.
L’incident de la semaine dernière démontre
que cela ne suffit pas. Un « observateur » est un
être humain et n’est donc pas à l’abri
des erreurs. Par ailleurs, un train ne pardonne jamais.
Pourquoi avoir recours à de tels « observateurs »
lorsque les méthodes pour veiller à votre sécurité
abondent?
Lorsque la protection est assurée par observation, il n’est
pas nécessaire de communiquer avec le contrôleur
du trafic ferroviaire. Il n’est pas nécessaire de
se soumettre au processus fastidieux visant à obtenir un
POV. L’observateur saute sur le terrain entre deux trains
et l’horaire n’accuse aucun retard. De simples travaux
peuvent ainsi être effectués sans nuire à
la productivité.
Certains considèrent l’observation comme une forme
accrue de protection et vous êtes les seuls à courir
un risque. À mon avis, la pire erreur que peut commettre
un observateur est d’écouter la rhétorique
de la compagnie et de ne pas obtenir une forme plus proactive
de protection telle un permis d’occuper la voie.
Je sais que la compagnie exige sans cesse une productivité
accrue et que vos superviseurs vous poussent continuellement pour
effectuer le travail le plus rapidement possible sans devoir vous
accorder des heures supplémentaires. C’est pour cette
raison d’ailleurs qu’ils permettent voire souvent
encouragent la protection par « observation ». C’est
en accroissant la productivité qu’ils réussissent
à gonfler leur prime annuelle.
Mais encore faut-il se demander ce qui est arrivé au slogan
de la compagnie...
« Aucun travail n’est si important pour justifier
que la sécurité soit laissée de côté…
»
Il
faudrait que nous prenions notre sécurité en main
et obtenions une protection positive. Les contrôleurs n’ont
aucune objection à vous émettre un POV si le temps
le permet entre le passage de deux trains. Si la circulation ferroviaire
est trop intense pour rendre possible l’émission
d’un POV, elle est donc trop intense pour vous permettre
de travailler sur la voie. Parfois, vous devez tout simplement
attendre que le temps le permette. Tant pis si votre superviseur
et son supérieur voient leur prime réduite en conséquence.
Ils touchent déjà un chèque de paie; nul
besoin pour vous de mettre votre vie en péril aux fins
de leur permettre de toucher une prime.
Si le travail prend un peu plus de temps à effectuer sans
que votre sécurité soit compromise, c’est
alors du temps bien investi.
Travailler sur la voie en l’absence d’une protection
adéquate n’est pas sécuritaire. Et vous avez
le droit de refuser un travail dangereux en vertu de la Partie
II du Code canadien du travail. Un employé au travail peut
refuser d’utiliser ou de faire fonctionner une machine ou
une chose, de travailler dans un lieu ou d’accomplir une
tâche s’il a des motifs raisonnables de croire que,
selon le cas :
•
l’utilisation ou le fonctionnement de la machine ou de la
chose constitue un danger pour lui-même ou un autre employé;
• il est dangereux pour lui de travailler dans le lieu;
• l’accomplissement de la tâche constitue un
danger pour lui-même ou un autre employé.
La
compagnie n’arrête pas de nous demander de renouveler
notre engagement à l’égard de la sécurité.
Nous devons nous y engager totalement et cela signifie que nous
devons refuser tout travail dangereux, surtout lorsqu’un
simple permis d’occuper de la voie (POV) rendrait le travail
tellement plus sécuritaire.
Assurez votre sécurité pendant vos heures de travail
comme si votre vie en dépendait, car c’est le cas…
En toute fraternité,
Bill Brehl
Président
CFTC DPEV
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