En
mémoire de Bob Martin
Le
22 octobre 2006
Chères
Consœurs,
Chers Confrères,
Hier,
j’ai participé au service commémoratif en
hommage au confrère Bob Martin, dont la vie s’est
terminée de façon tragique en décembre dernier
lorsqu’il a été écrasé sous
une tonne de glace qui a tombé sur lui pendant qu’il
déglaçait le tunnel MacDonald.
À
9 heures le 21 octobre, nous étions plus de 200 personnes
à nous rassembler au chevêtre est de Bear Creek où
une plaque à la mémoire de Bob a été
installée. Brian Black a ouvert la cérémonie
en invoquant l’accident et des souvenirs de Bob et de l’homme
qu’il était. Ensuite, ce fut au tour de ses amis
et des membres de sa famille de se souvenir de lui à leur
façon, chose qu’ils ont faite.
Don
Roberts a partagé des anecdotes, des récits et de
la musique pour nous ramener Bob, même si ce ne fut que
pour ce bref instant. Don et Bob étaient des amis proches.
Lorsque j’étais président général
dans l’ouest il y a quelques années, on entendait
toujours parler des récits de Don et Bob, des récits
tout aussi fous qu’amusants à entendre. Et, pendant
quelques minutes hier, c’est comme si tout recommençait.
Dave,
le frère de Bob, était sur place tout comme ses
beaux-parents, mais son épouse n’a pas pu y être
pour des raisons médicales. Le fils, la fille et la petite-fille
de Donny s’y sont rendus tout comme des centaines d’autres,
comme je l’ai déjà mentionné. Ces services
commémoratifs sont toujours très chargés
d’émotions et Bob était un gentil géant
aimé et respecté de tous. Donc, les larmes coulaient
à flot. Mais les gens riaient également… lorsque
de petites vignettes de la vie et des amours de Bob étaient
jouées par celles et ceux qui le connaissent le mieux.
Bob
était un grand gaillard… à la fois dur et
doux. Il adorait les animaux, la musique country, le karaoké
et la bière Kokanee. Ce travailleur ferroviaire pouvait
monter des voies dans les pires conditions, mais il était
pratiquement incapable de faire fonctionner ses propres voitures.
Il travaillait sur les équipes et c’était
sa vie, mais on n’aurait jamais dû lui demander d’entrer
dans ce tunnel pour le déglacer. Son frère Dave,
dans un déferlement d’émotions, a voulu savoir
pourquoi il avait été demandé de le faire,
et personne n’a pu lui répondre. Personne ne sait
pourquoi la compagnie non seulement tolérait mais aussi
encourageait activement une procédure aussi dangereuse
dans cette zone de service donnée.
Ce
fut une erreur, et elle ne doit pas être répétée.
John
Guthrie a soulevé un bon point après avoir partagé
quelques souvenirs de Bob. Il a affirmé qu’il voulait
que CP Rail sache ne personne d’entre nous n’entre
au travail en s’attendant d’être blessé.
Nous voulons tous retourner à la maison le soir venu. Mais,
pour ce faire, le chemin de fer doit cesser de nous dépêcher
à des endroits dangereux. Nous sommes des employés
loyaux et nous voulons bien faire notre travail. Tout comme nous
ne nous rendons pas au travail en pensant que nous pourrions nous
blesser, nous voulons tous faire le meilleur travail possible
et nous suivons les directives que nous donnent les dirigeants
de la compagnie.
Chaque
Teamster qui y était sait qu’on se fait souvent demander
ou dire de travailler dans des conditions dangereuses.
Je
tiens à vous le répéter une fois de plus
: si la compagnie ne peut vous assurer des conditions de travail
sécuritaires, vous avez le droit de lui dire NON!
Vous
pouvez invoquer votre droit de refus en vertu de la partie II
du Code canadien du travail.
Si
la compagnie vous demande de travailler malgré un éclairage
inadéquat, dites NON.
Si
la compagnie vous demande de travailler même si vous n’avez
pas reçu la formation nécessaire, dites NON.
Si
la compagnie vous envoie déglacer un tunnel, dans un fossé
sans étayages ou près d’une levée dans
la protection nécessaire ou selon des procédures
qui vont à l’encontre des règles de sécurité,
dites NON.
Soyons
solidaires et exigeons que ces pratiques cessent.
Faisons
en sorte que la prochaine fois que nous nous réunissons
ainsi, ce ne soit pas à la suite d’une tragédie,
mais plutôt après en avoir prévenu une.
Je
tiens également à remercier Brian Black, non seulement
pour tout son travail acharné et sa détermination
pour organiser ce service commémoratif et d’autres
dans le passé, mais aussi pour ses efforts sans relâche
en matière de sensibilisation aux règles de sécurité
et de prévention d’accidents. Merci aussi à
Scott Paradise et aux autres qui ont réuni les fonds nécessaires
pour utiliser le patin de chenille et obtenir du temps de congé
permettant à de si nombreuses gens d’être présents.
Prends
soins de toi là-haut, Bob. On ne t’oubliera pas.
À bientôt.
En
toute fraternité,
Bill Brehl
Président
CFTC DPEV









