L'offre « globale
» de la compagnie soulève la colère des membres
Le 6 novembre
2006
Chères
Consœurs,
Chers Confrères,
Vous trouverez
en pièce jointe une lettre chargée de colère
que j’ai reçue en réponse à la lettre
que je vous ai fait parvenir il y a quelques jours avec l’offre
« globale » de CP Rail et notre réponse à
son offre.
Cette lettre
reflète très bien la réaction à l’offre
patronale que nous réservent les membres. Ce membre en
particulier m’a toutefois demandé de vous partager
son état d’âme. J’ai pris la liberté
d’enlever toutes les références à son
nom pour le protéger contre de possibles représailles
de la compagnie.
Je tiens à
souligner que cette offre dite « globale » est plus
avantageuse (sur les plans de la compréhension et de la
décence fondamentale) que l’offre initialement déposée
par la compagnie, mais elle suscite néanmoins de fortes
émotions de tous les membres qui en prennent connaissance.
Cela est surtout
le cas des membres ayant lu le communiqué de presse émis
par la compagnie pour annoncer ses résultats de 3e trimestre,
lequel communiqué fait état d’énormes
profits et gains (voir ci-dessous). D’autres ont pu prendre
connaissance du feuillet informatif sur les primes exorbitantes
versées aux membres de la haute direction. Voici ce dont
il est question : http://www.tcrcmwed.ca/FRA/Nouv/CPRailUpper_FRA.html.
Je tiens à
faire valoir qu’il est frustrant de prendre connaissance
de l’offre « globale » de l’employeur,
surtout après tout ce que nous avons fait pour permettre
à la compagnie d’atteindre son actuel niveau de rentabilité.
Nous devons
cependant nous rappeler qu’il ne s’agit que de la
première offre « officielle » déposée
par CP Rail.
Est-ce que
je la juge raisonnable? Bien sûr que non!! Est-ce que je
m’attendais à ce que l’employeur soit raisonnable?
Pas du tout…
Je crois néanmoins
que nous réussissions éventuellement à leur
faire voir raison, sans quoi j’aurai échoué
et trop pèse dans la balance pour permettre l’échec
de cette convention collective. Je finirai par leur faire comprendre
que nous sommes des gens dignes qui méritent d’être
respectés et que c’est grâce à nous
si le chemin de fer se porte aussi bien aujourd’hui. C’est
grâce à notre travail acharné, à notre
dévouement et à nos sacrifices. Nous méritons
donc mieux qu’une tape dans le dos et un hamburger en guise
de reconnaissance.
Nous méritons
une convention collective juste et équitable. Nous méritons
un salaire décent, un remboursement adéquat de nos
frais de déplacement, de bons avantages sociaux et des
règles de travail équitables qui nous assurent une
qualité de vie respectable. Et, lorsque nous aurons tout
donné ce que notre corps aura pu donner au chemin de fer,
nous méritons une pension qui nous permettra financièrement
de nous retirer. Compte tenu du travail difficile que nous effectuons,
des longues heures que nous passons exposés aux intempéries,
des nombreux déplacements et du temps que nous passons
loin de la maison et des quarts de travail répartis sur
les 24 heures de la journée, nous méritons et exigeons
de pouvoir subvenir aux besoins de notre famille, rembourser notre
prêt hypothécaire et épargner pour l’avenir
de nos enfants. Nous exigeons une rémunération à
la hauteur du travail que nous effectuons. Si Tim Horton’s
réussit à offrir un salaire de 16 $ de l’heure
à des gens qui versent du café dans des tasses à
Calgary, pourquoi alors notre personnel itinérant surnuméraire
devrait-il être payé moins pour le travail qu’il
fait?
J’ai
confiance que nous réussirons à faire accepter une
position raisonnable par CP Rail au fur et à mesure que
le processus de négociation progressera. C’est pour
cette raison que nous n’abandonnons pas les pourparlers.
À ce
stade-ci, je ne recommande aucunement la prise de moyens de pression
ou même de demander l’intervention d’un conciliateur.
Je suis prêt à faire tout ce qu’il faut pour
obtenir un bon contrat. Nous en sommes toujours au stade de la
négociation. Si et seulement si cela devient nécessaire,
nous serons prêts à prendre d’autres moyens
pour parvenir à nos fins.
Au confrère
qui a rédigé la lettre et m’a demandé
d’en partager le contenu avec vous, sache que je t’appuie
et que je partage ton point de vue. Je te connais et tu me connais
depuis 25 de tes 28 années de services. Et, si s’en
arrive à ça, je serai là avec toi sur la
ligne de piquetage. Si nous faisons la grève, j’arrêterai
de tirer mon salaire, je prendrai une pancarte et je ferai du
piquetage. Je lutterai avec autant d’acharnement dans la
rue que je l’aurai fait à la table de négociation.
Mais espérons
que la compagnie ne nous contraigne pas à déclencher
une grève. Espérons qu’elle finisse par se
rendre compte qu’elle a accusé des profits records
sur notre dos et que si elle souhaite conserver sa main-d’œuvre,
elle devra lui verser une rémunération adéquate
et la traiter équitablement. Espérons que les dirigeants
se mettent à nous montrer la même loyauté
que nous montrons à CP Rail et à partager la richesse
qu’ils accumulent. Nos demandes ne sont pas exagérées.
Nous ne demandons que notre juste part.
Demeurez forts,
protégez-vous et restez solidaires.
En toute fraternité,
Consœurs
et Confrères,
Ayant
tout juste pris connaissance de l’entente de principe du
24 octobre 2006, je constate que l’offre « globale
» ne fait que renforcer ce que nous, Teamsters, savons déjà
: la compagnie ne se soucie guère de ses employés
qui lui ont consacré des années de vie active. J’ai
été témoin de six accidents de travail mortels
ayant emporté des confrères dévoués,
efficaces et travaillants.
Ensuite,
la compagnie ose nous insulter en nous présentant cette
« offre globale ». Même du côté
du CN, dans la quatrième année d’un contrat
de quatre ans, les employés ont obtenu 4 %. C’est
ce que le CP devrait au minimum nous offrir pour la première
année.
Tout ce que j’ai lu constitue un recul, et aucun gain ne
semble nous être offert. Les frais dentaires continuent
d’être remboursés selon le barème des
tarifs de l’année précédente de la
province et la compagnie cherche en plus à obtenir une
participation aux coûts de notre part. Elle veut ainsi récupérer
les piteuses augmentations de salaire qu’elle est prête
à nous consentir.
Le
même constat se fait en regard de l’assurance-maladie
complémentaire et des soins de la vue. La compagnie nous
réclame une participation aux coûts à raison
de 10 % de la prime. Encore une fois, elle souhaite faire des
gains sur notre dos. Les équipes responsables des voies
sur les lignes principales seraient sur appel pour travailler
des heures supplémentaires lorsqu’il s’avérerait
impossible de rappeler une équipe au travail. Quelle indemnité
la compagnie nous offre-t-elle pour être ainsi « en
disponibilité »?
On nous demande de travailler sur des territoires adjacents en
cas d’urgences pour prêter assistance aux équipes
d’EBEV et de PB, loin de nos familles, avec rien de plus
que de la nourriture et de l’eau probablement!!! La compagnie
nous considère encore comme du personnel itinérant
au lieu d’équipes de travail. Cela en dit loin sur
l’estime qu’elle a pour nous. Quant au reste, comme
j’ai déjà mentionné, c’est un
recul sur toute la ligne.
Si
c’est leur meilleure offre, eh bien!, je suis prêt
à faire la grève! Vive les Teamsters, vive la CFTC!!!!!!!!!!!
En
toute fraternité,
Un
membre inquiet de la CFTC et employé de CP Rail depuis
plus de 28 ans!!!