Fatalités
des collisions sur la voie
Le 12 janvier
2007
Chères
Consœurs,
Chers Confrères,
Voici une
importante nouvelle publiée hier dans le Boston Globe.
Deux confrères
membres des Teamsters ont été tués dans une
collision survenue sur la voie. Bien que cette catastrophe ait
survenu sur une route aux États-Unis, elle aurait pu aussi
bien se produire de cette côté-ci de la frontière.
Nos pensées
et nos prières sont avec les membres de la famille de ces
hommes dont la vie a été fauchée pendant
qu’ils effectuaient leur travail de façon sécuritaire.
De plus, nous prions pour un rétablissement prompt et complet
des personnes blessées dans l’incident.
Bien que l’enquête
soit toujours en cours, il semblerait que l’équipe
de maintenance aurait pris toutes les précautions nécessaires.
Elle a fait tout ce qu’elle devait faire et se croyait en
sécurité. Or ce ne fut pas le cas.
Lorsque nos vies sont en jeu, comme c’est le cas chaque
jour où nous sommes sur la voie, nous ne devons laisser
aucune place à l’erreur humaine. Nonobstant le coût,
tous les systèmes doivent intégrer des mesures de
sécurité et de protection adéquates pour
assurer que toute erreur commise est rapidement réparée
afin que nous puissions retourner à la maison sains et
saufs.
Assurez votre
sécurité sur le terrain et restez alertes. Les enjeux
sont trop importants pour faire autrement.
En toute fraternité,
Bill Brehl
Président
CFTC DPEV
Une erreur
humaine à l’origine d’une collision ferroviaire
Un signal d’avertissement avait été mal réglé
Par Mac Daniel
et Raja Mishra, Globe | le 11 janvier 2007
Hier, les
enquêteurs ont exclu des problèmes mécaniques
comme cause possible de la collision fatale d’un train de
banlieue survenue à Woburn et examinent maintenant comment
une erreur humaine a placé le train en route vers Boston
sur une voie menant à la collision avec une équipe
de travail.
Deux travailleurs
ont été tués et quatre autres ont été
blessés tandis que dix passagers ont souffert des blessures
mineures mardi lorsque le train a frappé de plein fouet
le véhicule de l’équipe de réparations
avant de s’arrêter.
« Nous
examinons plusieurs pistes pointant vers l’erreur humaine,
mais de nombreuses personnes sont requises pour faire fonctionner
un chemin de fer », de déclarer Ted Turpin, enquêteur
principal pour le National Transportation Safety Board. Il a refusé
de dire si les actions de plus d’une personne étaient
sous enquête.
Les enquêteurs
fédéraux tentent d’établir la raison
pour le non-respect d’une procédure habituelle visant
à protéger les équipes de travail, ce qui
est à l’origine de la collision. Plus tôt dans
la journée de mardi, huit trains de banlieue avaient passé
sans incident le site où se déroulaient des travaux
de réparation. Toutefois, avant l’approche du train
suivant, un signal d’avertissement et un aiguillage qui
aurait dévié le train sur une autre voie n’étaient
pas réglés correctement.
Un chef de
départ non identifié du centre de contrôle
de Somerville du système ferroviaire, qui a depuis été
mis en congé, était responsable de la procédure
au moment du drame. Cependant, les enquêteurs affirment
qu’ils n’ont pas encore déterminé qui
peut être en faute.
Rick Inclima,
directeur de la sécurité pour le syndicat représentant
le personnel de réparations, a déclaré qu’il
semblerait que l’équipe de six hommes aurait tout
fait ce qu’il était possible de faire pour assurer
sa sécurité.
« Il
s’avérera que la cause aura été un
problème au niveau du centre de contrôle, a-t-il
déclaré hier. Il est clair que les mesures de protection
avaient été prises. L’équipe attendait
ce train sur l’autre voie et avait donc pris ses distances.
Nonobstant tout cela, la catastrophe est survenue. »
Des dirigeants
de la Fraternité des préposés à l’entretien
des voies ont affirmé que l’accident exposait au
grand jour les problèmes de sécurité du système
de trains de banlieue de la MBTA depuis 2003, année où
son exploitation a été confiée à un
consortium privé.
Les dossiers
du gouvernement fédéral indiquent que quatre travailleurs,
incluant les deux de mardi, ont perdu la vie sur le réseau
de 13 voies depuis la conclusion d’un contrat de gestion
de 1,07 milliard $ entre le Massachusetts Bay Commuter Railroad
et la Massachusetts Bay Transportation Authority. En décembre
2003, un travailleur a été frappé de plein
fouet et tué pendant qu’il déblayait la neige
sur le quai de la gare de Wellesley Farms. En juin 2006, un travailleur
de 36 ans a été écrasé à mort
par une machine d’entretien de la voie à Gloucester.
Au cours des
sept années précédentes, sous la gouverne
d’Amtrak, un seul travailleur avait perdu la vie au travail,
selon les dossiers de la Federal Railroad Administration, qui
ne sont tenus que depuis 1996. En 1997, un train avait entré
en collision avec une équipe de travail à Concord.
« Cette
tragédie nous dégoûte et les antécédents
du MBCR en matière de sécurité nous choquent,
de déclarer le président du syndicat, Freddie Simpson.
C’est aberrant et tout à fait inacceptable. »
Un porte-parole
du système de trains de banlieue a déclaré
hier qu’il n’existait aucun lien entre les quatre
décès survenus sous la direction du MBCR et que
rien ne pointait vers un problème de sécurité.
« MBCR
a déployé de très grands efforts pour mettre
sur pied des programmes de formation en sécurité,
des mesures de protection des systèmes et, dans certains
cas, des rappels quotidiens aux travailleurs concernant la sécurité,
d’expliquer Scott Farmelant, porte-parole. Mais rien de
tout cela ne préviendra l’erreur humaine. »
La collision
a été le résultat d’une défaillance
extrêmement rare dans un processus quasi-quotidien : la
déviation de trains pour qu’ils contournent des équipes
affectées aux réparations et d’autres sites
de travail.
Mardi matin,
l’équipe de travail avait eu l’autorisation
de réparer des traverses sur les voies d’arrivée
entre la gare Mishawum et le passage à niveau de l’avenue
Montvale à Woburn. L’équipe avait commencé
son travail vers 9 heures, après l’heure de pointe
du matin, et devait y demeurer jusqu’à 15 heures,
selon les responsables du MBTA.
Il s’y
trouve deux voies parallèles, une pour les trains entrants
à Boston et l’autre pour ceux quittant en direction
de Lowell. Le chef de départ responsable de la ligne Boston-Lowell,
dont le quart de travail avait débuté à 7
heures et devait prendre fin à 15 heures, avait maintenu
les trains sortants sur les voies habituelles. Les trains entrants
devaient contourner les travailleurs après avoir été
déviés sur les voies de sortie à environ
3 milles au nord du site de travail. Une fois que les trains entrants
étaient à une distance sécuritaire en aval
du site, le chef de départ devait les rediriger sur les
voies d’entrée.
Selon les
responsables, les aiguillages au nord et au sud du site de travail
avaient été actionnés à plusieurs
reprises au cours de l’avant-midi et quatre trains avaient
ainsi contourné l’équipe de travail en empruntant
les voies de sortie. Alors que quatre trains sortants n’avaient
pas changé de voie, la même restriction de vitesse
leur avait été imposée. Selon les dirigeants,
aucun problème n’avait été rapporté
en rapport avec les signaux ou l’équipement d’aiguillage.
Mais le chef
de départ avait néanmoins gardé le train
entrant no 322 sur la voie d’entrée passant par le
site de travail, toujours selon les responsables. De plus, un
signal de voie rouge (utilisé pour alerter les équipes
à bord des trains d’une voie occupée et les
avertir de ralentir) avait passé au vert, indiquant ainsi
que la voie était libre et que la vitesse n’y était
pas limitée. Peu avant 14 heures, le train a foncé
sur l’équipe de travail, qui ne se doutait de rien,
circulant à près de la limite de vitesse de 60 mi/h.
À la
question demandant si l’enquête portait sur les actions
du chef de départ, le porte-parole de la MBTA, Joe Pesaturo,
s’est contenté de répondre que l’enquête
suivait son cours.
Les enquêteurs
du NTSB comptent rencontrer le chef de départ demain. Ce
dernier a déjà été interviewé
par d’autres enquêteurs et, comme toutes les autres
personnes en cause, a subi des tests en vue d’établir
s’il consommait des drogues ou de l’alcool, selon
Turpin, qui a affirmé qu’il avait déjà
interviewé hier d’autres travailleurs du centre de
contrôle, du service de la maintenance ainsi que certains
de leurs représentants syndicaux.
Les enquêteurs
ont également saisi les dossiers numériques de chaque
mouvement d’aiguillage depuis le centre de contrôle
de Somerville et téléchargé des données
de la locomotive afin de déterminer la vitesse et le couple
du moteur au moment de l’accident, ont rapporté les
responsables.
Pour joindre
Dan : mdaniel@globe.com; pour joindre Mishra : rmishra@globe.com.