D'ici, dans les Prairies, où nous avons eu peu d'impact sur le « film » de Fred Green, je dois vous avouer que je suis fier d'être un Teamster. Jadis, personne qui me connaît n'aura penser un jour que j'utiliserais mon clavier pour écrire de tels mots.
Depuis le début de ce combat, c'est la compagnie qui a tout initié, dès les premiers moments de la négociation jusqu'à maintenant, au moment où je m'assois pour vous écrire. Lorsque les négociateurs de relations industrielles de Fred sont arrivés environ une heure et demie en retard à la première séance à Ottawa (si ma mémoire est bonne) pour nous informer qu'ils auraient besoin du reste de la journée pour se préparer, la première journée était foutue et, à ce que j'en sache, la situation ne s'est jamais redressée par la suite.
Des négociations type, c'est tout ce que nous entendons... On nous demande d'accepter ce que d'autres syndicats ont déjà accepté. On dirait que c'est tout ce que les cadres ont retenu de leurs études.
Toutefois, aussi récemment que la semaine dernière, Fred Green a affirmé ceci : « Je ne cèderai pas à ce dirigeant syndical ». Plus tard au cours de la semaine, il a déclaré : « Nous sommes prêts à une certaine souplesse sur le plan des augmentations de salaire si le syndicat se montre flexible en regard des règles de travail ». Aujourd'hui, j'ai entendu Brock Winters s'adresser à un groupe de superviseurs temporaires pour les informer que leur prochain talon de paie indiquerait un numéro 1 800 pour les briseurs de grève qui choisiraient de trahir les principes même que nous avons défendus jusqu'à ce point. Il a aussi déclaré ceci : « Nous ne traiterons pas avec ce dirigeant syndical ». Contrairement à ce que Fred avait dit à tous les médias à la fin de la semaine dernière... Il y a longtemps, j'ai appris que quelqu'un qui ne peut tenir la même histoire de façon constante est très capable de décevoir. Ces gens auraient peut-être intérêt à suivre un cours par correspondance sur l'art de raconter des histoires. Ils pourraient ainsi faire une pause à bord des avions d'affaires, compter leur argent et rire des mensonges qu'ils ont racontés à l'assemblée des actionnaires. Pour ce qui est de raconter des histoires, et Dieu sait que j'en ai assez racontées, il est important de raconter la même chose que tout le monde. C'est une notion fondamentale que ce groupe n'a probablement pas encore compris. Il y a 12 ans et 2 mois, j'ai été en grève pendant trois semaines. Fred Green a déclaré à l'assemblée des actionnaires qu'au cours des 12 dernières années, son équipe de relations syndicales avaient négocié 99 contrats de travail et n'avait connu qu'une seule courte grève il y a quatre ans. Bien, Fred, cette « courte grève » a duré sept semaines. Il m'apparaît très évident à ce stade-ci que la haute direction de cette compagnie pense que le reste du monde croira tout ce qu'elle lui dit. J'ai dit à mon épouse l'autre jour que les Américains avaient tourné la tête pendant que les dirigeants d'Eron vidaient les caisses. L'entreprise a fini par fermer ses portes. Je ne vois pas beaucoup de différences avec la situation qui se produit ici.
Voici comment je vois ça : la compagnie s'inquiète gravement après avoir fait notre travail pendant une semaine. Le personnel de bureau souffre. La compagnie cherche à rassurer les superviseurs temporaires que les vrais travailleurs seront de retour bientôt et qu'ils n'auront plus à traîner leurs boîtes à lunch bien longtemps encore. On peut s'imaginer comment ces pauvres individus se sentent alors qu'ils occupaient une position de pouvoir et regardaient avec mépris les préposés des voies d'en haut de leur tour d'ivoire et sont maintenant pris à faire le travail de ceux qu'ils méprisaient.
Le vieil adage s'avère donc vrai : il ne faut jamais cracher sur ceux sous soi pendant qu'on gravit les échelons, car ce sont les mêmes gens que vous risquez de croiser sur votre chemin de retour vers le bas.
Une chose que j'apprécie de notre côté est le sujet de mon message. Comme j'ai dit au début, je sais que nous ne pouvons pas avoir beaucoup d'impact sur l'information du public d'ici, mais maudit que je suis fier du travail de mes confrères d'un bout à l'autre du pays.
En toute solidarité,
Gary McDougall
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