En cette veille de l'arrêt de travail qui perturbera le CP, je tenais à prendre le temps pour vous transmettre ma grande fierté d'être un membre de cette fraternité.
J'ai lu la brève épître de Fred Green sur Railtown aujourd'hui, dans laquelle il dissimule son avarice en invoquant l'argument « d'équité pour les autres syndicats ». Un homme qui se verse près de 5 millions annuellement invoque l'argument de l'équité. Il est peu surprenant que la compagnie ne déroge pas de son entente « type ». Elle a contraint une petite unité de négociation dont les dirigeants sont faibles à accepter une offre inférieure aux normes de l'industrie. Cependant, moins elle paie ses travailleurs, plus il lui en reste pour remplir les poches de ses dirigeants. Il suffit d'examiner les augmentations que les dirigeants se sont votées pour s'en convaincre.
Laissez Fred Green justifier sur toutes les tribunes comment l'équité passe par verser à vous - et à d'autres syndiqués - moins d'argent que ce que vous valez. Il croit peut-être en le bien-fondé d'une telle logique tordue, mais je suis convaincu que la majorité des gens ne partage pas son avis.
Nous avons été inondés d'appels de membres d'autres syndicats dont les dirigeants ont accepté l'offre type. Ce sont tous des appels positifs, et les membres nous souhaitent de « détrôner le roi » et de mettre fin à cette charade qu'est la négociation type.
Cependant, ce n'est pas l'argent qui représente le nerf de la guerre ici. Vous le savez fort bien. C'est plutôt une question de respect, de justice et d'équité. Nous devons tenir tête à l'arrogance de ces « rois de la voie » autoproclamés.
Lorsqu'une entreprise engrange des profits comme le fait le CP pour ensuite demander des concessions de ses travailleurs, il vient un moment où il faut lui dire que c'est assez. Non seulement la compagnie ne nous a jamais fourni une évaluation précise du coût de nos demandes, mais elle est allée jusqu'à nous affirmer qu'elle se foutait éperdument du coût de ses propres demandes pour nos membres. Sa demande concernant l'ancienneté à elle seule coûterait des millions de dollars collectivement aux membres. Encore plus que ce qu'empoche Green.
Vous avez pris connaissance de l'offre déposée par la compagnie le 23 mars, puis vous avez pris part au scrutin secret par la poste. Vous avez voté en faveur d'un arrêt de travail par une marge de 80 %. C'était l'offre que Fred (Red) Green qualifiait d'équitable, un avis que vous ne partagez évidemment pas. Tout comme moi. Ce n'est pas équitable, mais plutôt déraisonnable et inacceptable.
La compagnie a choisi de maintenir la ligne dure, ce qui ne nous laisse aucun autre choix que de cesser de lui offrir nos services. Ce ne fut pas une décision facile à prendre. Nous avons exploré toutes les autres avenues raisonnables possibles, mais la compagnie a refusé de bouger.
La direction affirme qu'elle peut très bien se passer de nous pour exploiter le chemin de fer. Comme de petits enfants dans une aire de jeux, ils se montrent braves.
Fred Green affirme que le CP ne pliera pas aux moyens de pression des Teamsters. Ce n'est pas ce que nous souhaitons. Nous ne demandons qu'à négocier. Il n'a qu'à présenter ses arguments et à les défendre logiquement, puis nous serons alors prêts à faire des compromis.
La compagnie veut nous apprendre une leçon. Nous n'avons rien à lui prouver, car nous connaissons déjà la vérité. Nous ne faisons pas la grève parce que nous manquons de défis. Nous ne faisons pas la grève pour nous battre. Nous ne faisons pas la grève pour punir l'employeur.
Nous faisons la grève pour obtenir un contrat de travail juste et équitable. Point à la ligne.
Nous avons choisi d'exercer notre dernier recours contre une entreprise réfractaire et déraisonnable. Nous allons retenir nos services, et elle en subira les conséquences.
L'employeur ne peut faire fonctionner le chemin de fer sans nous. La sécurité, le respect des horaires et les profits en souffriront.
Mon seul espoir est que les gestes posés par Fred Green et son clan ne causent pas d'autres pertes de vie. La voie devient dangereuse, extrêmement dangereuse, si elle n'est pas protégée et inspectée adéquatement.
Portez-vous bien, Consours et Confrères, et soyez assurés que je serai avec vous sur les lignes de piquetage.
Continuez de veiller à votre sécurité, demeurez forts et restez unis.
Bill Brehl
Président
CFTC DPEV
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